Danse
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Memento Mori

Danses des morts

Ayant eu à notre disposition un certain nombre d’ouvrages, illustrations et gravures pour la préparation de Memento Mori, ci-dessous quelques-unes de ces images (certaines figurant dans notre volume, d’autres non retenues).

Nous en profitons pour remercier de nouveau les amis, libraires et collectionneurs qui ont bien voulu mettre ces ouvrages et gravures à notre disposition.

Danses

Vue intérieure de l'ouvrage Memento Mori

Gravures sur bois tirées des Livres français du xve siècle : sujets religieux, démons, êtres imaginaires, mœurs et costumes, imprimerie, grant danse macabre des hommes et des femmes, lettres ornées, écussons, chiffres, marques inédites, Paris, Labitte, 1868.

(source : Collection privée)

La célébrité de la Danse macabre a suscité de nombreuses oeuvres et de grands poètes et écrivains ont repris le thème dans leurs ouvrages, Théophile Gautier, Flaubert, Baudelaire, Goethe, Heinrich Heine et Schiller par exemple, ainsi que des anonymes. Apparaissent alors de nouveaux personnages, le Juif errant, Satan, Faust, Don Juan… S’ennuyant dans leurs sépulcres et quittant leurs « noirs tombeaux », leurs « caveaux humides », les défunts dansent une carole au son des rebecs, des psaltérions, des lyres ou de luths faits d’ossements, entraînant les vivants dans une ronde folle qui n’est pas sans rappeler celle des danseurs de Kolbigkl, damnés pour avoir dansé dans une église selon une légende médiévale.

Cette anthologie fait revivre et transmet un patrimoine séculaire largement tombé dans l’oubli, l’époque contemporaine ayant bien d’autres soucis. Pourtant, n’est-il pas réconfortant de constater qu’il y a longtemps les défunts se préoccupaient du sort des vivants, venaient les conseiller et même les défendre ? Il est, certes, des morts dangereux, mais ils ne sont heureusement pas légions. Que par leurs messages enténébrés ces textes charment le lecteur et piquent sa curiosité !

Extrait de l’avant-propos, Claude Lecouteux.

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  • Gerhard Altzenbach, Todten-Tanz, 1620.

    (source : Collection privée)

  • Taniec śmierci, [1670].

    (source : Wikimedia Commons)

  • Danse macabre allemande, 18e siècle.

    (source : Wikimedia Commons)

  • Taniec śmierci w kościele Bernardynów w Krakowie, 17e siècle.

    (source : Wikimedia Commons)

  • Danse macabre allemande, 18e siècle.

    (source : Wikimedia Commons)

Un cavalier s’approche de la belle délaissée. Noir est son élégant costume, une opale brille à son doigt, une chaine d’acier et d’émeraudes descend sur sa poitrine en brillantes sinuosités. Il l’invite, elle accepte et prend place, jetant un regard insultant sur les jeunes gens de la ville. Le cavalier, nul ne le connaît.
[...]
Car les yeux du cavalier brillent d’un éclat étrange, l’opale et les émeraudes semblent luire d’un feu surnaturel, un rire moqueur erre sur ses lèvres. Et il étreint plus fortement sa danseuse, « toujours, toujours avec moi, tu l’as dit ; tournons, tournons, toujours, toujours ! »

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  • Bernardino Rizus de Novara, Triomphe de la Mort, 1488.

    (source : Wikimedia Commons)

  • Francesco Rosselli, Trionfo della Morte, 1499.

    (source : Collection privée)

  • Predica del arte del bene morire, 1502.

    (source : Collection privée)

  • Bernardus Stagninus, Triumphus mortis, 1522.

    (source : Wikimedia Commons)

  • Matrice d'imprimerie, vers 1900, reproduisant le Triomphe de la mort de 1502.

    (source : Collection privée)

Danses
Si moi aussi j’étais semblable à eux, si moi aussi j’avais cessé d’exister, et si sous mon masque il n’y avait rien, rien que du néant ! Je me précipitai vers une des glaces. Un être de songe s’y dressait devant moi, encapuchonné de vert sombre couronné de lis noirs, masqué d’argent.
Et ce masque était moi, car je reconnus mon geste dans la main qui soulevait la cagoule et, béant d’effroi, je poussai un grand cri, car il n’y avait rien sous le masque de toile argentée, rien dans l’ovale du capuchon, que le creux de l’étoffe arrondi sur le vide, j’étais mort et je…

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Alfred Rethel, illustrations pour Auch ein Todtentanz, 1849.

(source : Collection privée)

Danses
Dormez, dormez pendant des siècles ; l’oubli est le bonheur.

Et puis l’on vit deux squelettes, seuls, isolés des autres, se regardant souvent l’un l’autre, tournant leurs yeux creux vers le ciel, puis, sur la terre, puis sur eux-mêmes encore.

- Oh ! nous nous aimons, disaient-ils, le ciel est fait pour nos regards, les bois pour nos baisers, la nuit pour nos soupirs.

Quelle ivresse ! nuit et jour se fondre en délices, en voluptueuses extases ; verser toute son âme dans un baiser, tout son amour dans un regard ; sentir sous votre poitrine ce coeur qui bat pour vous, ce sein dont la forme vous brûle ; passer mes mains dans ses cheveux, sentir cette haleine passer dans votre coeur, comprendre enfin qu’on donnerait tout ce qu’on a et tout ce qu’on n’a pas pour avoir ne fût-ce qu’un soupir apporté par les vents, une larme, un mot, un baiser.

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Alfred Rethel, Der Tod als Würger (Auf das erste Auftreten der Cholera in Paris 1831) in Alfred Rethel ; 16 Zeichnungen und Entwürfe mit einer Einleitung von Walther Friedrich, Scholz, Mainz, 1907.

(source : Collection privée)

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Parfois, quand j’ai bien fauché, bien couru sur mon cheval, quand j’ai bien lancé des traits de tous côtés, la lassitude me prend et je m’arrête.
Mais il faut recommencer, reprendre la course infinie qui parcourt les espaces et les mondes ; c’est moi qui passe emportant les croyances avec les gloires, les amours avec les crimes, tout, tout ; je déchire moi-même mon linceul, et une faim atroce me torture sans cesse, comme si un serpent éternel me mordait les entrailles.
Et si je jette les yeux derrière moi, je vois la fumée de l’incendie, la nuit du jour, l’agonie de la vie ; je vois les tombes qui sont sorties de mes mains et le champ du passé si plein de néant.
Alors je m’assois, je repose mes reins fatigués, ma tête alourdie qui a si besoin de sommeil, et mes pieds lassés qui ont si besoin de repos ; et je regarde dans un horizon infini, rouge, immense, où l’oeil se perd, car il n’a point de bornes, il va toujours et s’élargit sans cesse. Je le dévorerai comme les autres.

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Todten-Tantz : wie derselbe in der weitberümbten Statt Basel als ein Spiegel menschlicher Beschaffenheit gantz künstlich mit lebendigen Farben gemahlet, nicht ohne nutzliche Verwunderung zusehen ist, Getruckt zu Basel : in Verlegung Mattheus Miegem, 1625.

(source : Collection privée)

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Depuis quelque temps je contemplais cette scène avec un étonnement mêlé d’effroi, quand une voix dont aucune parole humaine ne peut rendre le son étrange commence à dire : Nous allons danser la ronde.

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La grande danse macabre des hommes et des femmes : précédée du dict des trois mors et des trois vifz, du débat du corps et de l'âme, et de la complaincte de l'âme dampnée, Paris, Bailleu, 1856. Edition reproduisant les bois gravés de La Danse macabre de Guy Marchant de 1486.

(source : Collection privée)

Danses
Je ne crois plus à rien. J’allais, de lassitude,
Quand vous êtes venus, renoncer à l’étude
Et briser mes fourneaux.
Je ne sens plus en moi palpiter une fibre,
Et comme un balancier seulement mon coeur vibre
A mouvements égaux.

Le néant ! Voilà donc ce que l’on trouve au terme !
Comme une tombe, un mort, ma cellule renferme
Un cadavre vivant.
C’est pour arriver là que j’ai pris tant de peine,
Et que j’ai sans profit, comme on fait d’une graine,
Semé mon âme au vent.

Un seul baiser, ô douce et blanche Marguerite,
Pris sur ta bouche en fleur, si fraîche et si petite,
Vaut mieux que tout cela.
Ne cherchez pas un mot qui n’est pas dans le livre ;
Pour savoir comme on vit n’oubliez pas de vivre.
Aimez, car tout est là !

Florian Balduc

© Librairie - Editions Otrante.
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