Le Moine
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M.G. Lewis - Le Moine

Le Moine

Paris, Maradan, an v (1797).

Demi-veau fauve, dos ornés de fers et filets dorés, pièce de titre noire, tranches mouchetées jaunes, coiffes supérieures habilement restaurées, quelques infimes rousseurs éparses. (Reliure de l’époque).

Trois tomes en deux volumes in-12.

Le Moine

Seconde édition

Le Moine

Etat avec pagination de la première édition

Le Moine

Edition de l'an vi, avec nouvelle pagination

Le Moine

Frontispice inversé

The Monk

Page de titre de la première édition anglaise

Prud'hon

Phrosine et Mélidore, gravure de Prud'hon

Véritable édition originale française du chef-d’œuvre de Lewis alors âgé de seulement 22 ans et écrit en 10 semaines. Traduction de Deschamps, Desprez, Benoit et Lamare.

Exemplaire enrichi des quatre superbes frontispices de la seconde édition, parue la même année chez le même éditeur et qui a longtemps été prise pour l’originale.

Ces quatre épreuves présentent la particularité de porter les mentions de pagination de l’édition originale et de la seconde édition, alors que certains exemplaires enrichis de cette suite possèdent uniquement la pagination de la seconde édition.

Exemplaire relié à l’époque en deux volumes, le tome II se trouvant ainsi réparti entre les deux volumes. Transcription manuscrite de quelques lignes du second tome à la fin du premier volume et suppression, comme il se faisait parfois dans pareil cas, du faux-titre et du titre du troisième volume.

Rare édition originale du chef-d’œuvre du roman noir enrichie des quatre frontispices avec double pagination.

Des états des frontispices du Moine

L’édition originale française du Moine est publiée par Maradan en l’an v (1797), en trois volumes in-12. Suit une seconde édition de plus petit format (in-16) en quatre volumes, illustrée de quatre frontispices, non signés.

La plupart des descriptions de la première ou de la seconde édition du Moine précisent « avec » ou « sans » frontispices. Mais ces gravures réservent quelques surprises.

Notons au passage que Dominique Vivant Denon avait réalisé pour l'illustration de l'ouvrage dix-huit dessins à la plume et au lavis. Non retenus, ils furent tout simplement vendus.

An v

Edition originale, en 3 volumes in-12, non illustrée.
Seconde édition, en 4 volumes in-16, illustrée de quatre frontispices.

An vi

Nouvelle édition généralement qualifiée de remise en vente de la seconde édition, 4 volumes in-16.
Concernant cette édition, les fiches annoncent le plus souvent « remise en vente avec nouveau titre », mais cette modification n’est pas la seule à signaler.

Etats des gravures

Un premier état, le plus courant, celui de la seconde édition, dont les gravures présentent de manière tout à fait logique la pagination de la seconde édition.

Un autre état de ces mêmes gravures auquel a été ajouté en tête la pagination de la première édition, afin d’être vendues à part pour enrichir les exemplaires de l’originale.

A signaler un exemplaire de l'édition originale cité par un confrère, enrichi des quatre frontispices de la seconde, mais cette fois-ci « vierges » de toute pagination.

Vient ensuite l’édition datée de l’an vi qui contient sans surprise les quatre frontispices, et qui à priori seraient ceux retirés afin d’enrichir les exemplaires de l’édition originale. Mais à y regarder de plus près, si la pagination en tête des gravures est bien celle de la première édition, en revanche celle en pied n’est nullement celle de la seconde mais correspond à cette édition. Et en comparant les gravures, d’infimes différences apparaissent : les gravures de l’édition de l’an vi sont plus « grossières » et certaines zones différent légèrement ou sont tracées avec moins de détail.
Le terme de « remise en vente » devient par conséquent quelque peu discutable pour cette édition puisqu'il apparaît que les titres ont été changés, mais également les gravures et la pagination.

Reste à signaler un autre état dont nous ne connaissons pour l'heure que deux exemplaires, dans lequel les frontispices sont tout simplement inversés ! Ces gravures enrichissent la seconde édition (celle de l’an v, en quatre volumes), ne présentent en tête que le numéro du volume dans lequel elles doivent être insérées, sans aucune indication de pagination, sont sans encadrement et présentent, en plus de l’inversion de la figure, quelques infimes différences par rapport au premier état (ou disons simplement par rapport à l'état le plus courant).
Ce dernier état cité diffère du tirage courant, mais à l’inverse de celui utilisé pour l’édition de l’an vi dans lequel la copie de la gravure est plus grossière, celui-ci, bien que moins abouti, est plus riche et présente quelques traits et détails qui ne figurent pas sur les autres - autre état des gravures ou une simple contrefaçon ?

Editions et traductions du Moine

Le 23 septembre 1794 Matthew Gregory Lewis achève Le Moine, roman qu’il dit avoir écrit en dix semaines. L’ouvrage est publié en 1796 (le 12 mars), chez John Bell : The Monk, a Romance, by M.G.L., London, J. Bell, 1796, 3 volumes in-12. A noter qu'une autre édition, la véritable originale donc, en tirage limité serait parue durant l'été 1795.

Entre 1797 et 1819 l’éditeur Maradan publie six éditions du Moine, toutes traduites sur la quatrième édition anglaise par Deschamps, Després, Benoît et Lamare.
En 1797 (an vi), l’éditeur Favre publie une traduction anonyme du Moine sous le titre : Le Jacobin espagnol, ou Histoire du moine Ambrosio et de la belle Antonia, sa sœur.
En 1838 paraît la traduction de l’abbé Morellet, chez Cadot.
En 1840 paraît chez Delloye la meilleure traduction du Moine, par Léon de Wailly, puisque seule basée sur l’édition originale anglaise – un passage du texte de Lewis est en effet censuré dès la seconde édition anglaise (chez Saunders, 1796).

Le Moine, traduction de Deschamps, Després, Benoît et Lamare, Paris, Maradan, an v (1797), 3 volumes in-12 (édition originale française).

Le Moine, Paris, Maradan, an v (1797), 4 volumes in-16, illustrée de quatre gravures non signées (seconde édition).

Le Moine, Paris, Maradan, an vi (1797), 4 volumes in-16, illustrée d’un nouveau tirage des gravures (3e édition).

Le Jacobin espagnol, ou Histoire du moine Ambrosio et de la belle Antonia, sa sœur, traduction anonyme, Paris, Favre, an vi (1797), 4 volumes in-18, illustrée de quatre gravures par Palas d'après Langevin.

Le Moine, Paris, Maradan, an x (1802), 4 volumes in-16, illustrée d'un nouveau tirage des gravures (4e édition Maradan).

Le Moine, Paris, Maradan, 1811, 4 volumes in-16, illustrée d’un nouveau tirage des gravures (5e édition Maradan).

Le Moine, Paris, Maradan, 1819, 3 volumes in-12, non illustrée (6e édition Maradan).

Le Moine, traduction de l'abbé Morellet, Paris, Cadot, 1838, un volume in-8.

Le Moine, traduction de Léon de Wailly, Paris, Delloye, 1840, 2 volumes in-12, illustrée de deux gravures non signées.

Prud'hon

Bien que nous sortions du sujet, reste à évoquer une autre gravure, qu’un grand nombre de rédacteurs d’articles s'évertuent à reproduire sans fin pour illustrer Le Moine (confortés par un certain nombre d’éditions du texte illustrées par cette même gravure).
Cette gravure qui représente un homme vêtu en moine enlaçant une femme nue n’a en effet aucun rapport avec l’ouvrage de Lewis, une coïncidence de dates étant tout au plus à noter puisque cette illustration est donnée à voir au public dans un ouvrage paru la même année que la première édition française du Moine, 1797.

Amours de Phrosine et Mélidore, gravure en taille-douce de Pierre-Paul Prud'hon. Soulignons que cette illustration serait la seule connue et dessinée et gravée par l’artiste lui-même.
Estampe illustrant L’Art d’aimer in Œuvres, Pierre-Joseph Bernard, Paris, de l’imprimerie de Didot l’aîné, 1797.
L’ouvrage est également illustré de deux gravures par Beisson et une par Copia.

Voici qu’en dit Le Cabinet de l’amateur et de l’antiquaire de 1844 :

Phrosine et Mélidore. Mélidore en moine cherche à réchauffer de son haleine le corps de Phrosine qu'il vient de tirer de l'eau. Dans la tablette, à gauche et à la pointe : P.-P. Prudhon inv. et incidit. Plus bas : ... Quelle scène inouie... sa Phrosine était évanouie. Sous la tablette, gravé au burin : P.-P. Prudhon inv. et incidit.

I. Etat. A l'eau forte pure. (Extrêmement rare.)
II. Terminé au burin par Prud'hon ou Roger. P.-P. Prudhon inv. et incidit à la pointe, à gauche sur la marge blanche et avant la tablette ; pas de vers.
III. Comme le précédent, mais avec la tablette ajoutée. Le nom de Prud'hon à la pointe s'y trouve renfermé ; pas de vers. Cet état est celui des estampes de l'édition de Bernard avec les figures dites avant la lettre.
IV. Celui décrit.
V. Le nom de Prud'hon tracé à la pointe et la tablette ont disparu. On lit sur la marge blanche : Dessiné et gravé par Prudhon. Amours de Phrosine et de Mélidore.

Le dessin et la gravure de cette composition furent exposés au salon de 1797. Cette estampe fait partie, ainsi que les n° 77, 78, 79, d'une édition des œuvres de Gentil Bernard, publiée par P. Didot en 1797 (1 vol. in-4°). Les exemplaires avec les figures avant la lettre renferment de plus que les autres les opéras de Bernard et des œuvres diverses.

Florian Balduc

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