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La Vampire ou la Vierge de Hongrie

Après avoir élémininé de nombreux autres choix, deux sources demeuraient pour illustrer la couverture de l'ouvrage de Lamothe-Lagon : The Raven d'Edgar Allan Poe d'après les illustrations de Gustave Doré, ou le thème de La Jeune fille et la mort.

C'est finalement la vingt-quatrième gravure de The Raven qui a été retenue, mais nous vous livrons ci-dessous l'intégralité des gravures de l'ouvrage, suivie de quelques gravures ou peintures autour de La Jeune fille et la mort.

La Vampire
Delmont s’arrêta... bientôt la porte, vivement poussée, tourna sur ses gonds, et Alinska parut... A peine le colonel put-il la reconnaître, tant les voiles noirs qui l’enveloppaient faisaient qu’elle se confondait dans l’éloignement avec les ténèbres que la lampe pouvait difficilement percer ; mais la pâleur de son visage n’en ressortait que mieux : elle semblait ne point tenir à une forme humaine, et, en sorte d’horrible apparition, s’avancer seule au milieu de l’espace. L’imagination impétueuse de Delmont la lui représenta même un instant ailée, et dégoutante de sang. Cette vision disparut avec la rapidité de l’éclair, et néanmoins elle terrifia celui qu’elle avait frappée.

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Fatalité, mort et mélancolie

Illustrations de Gustave Doré pour The Raven, London, Sampson Low, Marston, Searle, and Rivington, 1883.

(source : Collection privée)

  • Nevermore.

    Gravée par H. Claudius et G.J. Buechner.

  • ANATKH (Inevitability).

    Gravée par H. Claudius.

  • Once upon a midnight dreary, while I pondered, weak and weary,
    Over many a quaint and curious volume of forgotten lore.

    Gravée par R.A. Muller.

  • Ah, distinctly I remember, it was in the bleak December,
    And each separate dying ember wrought its ghost upon the floor.

    Gravée par R.G. Tietze.

  • Eagerly I wished the morrow ; vainly I had sought to borrow
    From my books surcease of sorrow - sorrow of the lost Lenore.

    Gravée par H. Claudius.

  • Sorrow for the lost Lenore.

    Gravée par W. Zimmermann.

  • For the rare and radiant maiden whom the angels name Lenore
    Nameless here for evermore.

    Gravée par Frederick Juengling.

  • T is some visitor entreating entrance at my chamber door -
    Some late visitor entreating entrance at my chamber door.

    Gravée par W. Zimmermann.

  • Here I opened wide the door ; -
    Darkness there, and nothing more.

    Gravée par H. Claudius.

  • Doubting, dreaming dreams no mortal ever dared to dream before.

    Gravée par F.S. King.

  • Surelay, said I, surelay there was something at my window lattice ;
    Let me see, then, what thereat is, and this mistery explore.

    Gravée par Frederick Juengling.

  • Open here I flung the shutter.

    Gravée par T. Johnson.

  • A Stately Raven of the saintly days of yore.
    Not the Least obeisance made he ; not a minute stopped or stayed he.

    Gravée par R. Staudenbaur.

  • Perched Upon a Bust of Pallas just above my chamber door -
    Perched and sat, and nothing more.

    Gravée par R.G. Tietze.

  • Wandering from the Nightly Shore.

    Gravée par Frederick Juengling.

  • Till I scarcely more than muttered, Other friends have flown before -
    On the morrow
    he will leave me, as my hopes have flown before.

    Gravée par Frank French.

  • Then, upon the velvet sinking, I betook myself to linking fancy unto fancy.

    Gravée par R. Schelling.

  • But whose velvet violet lining with the lamplight gloatingo'er
    She shall press, ah, nervermore !

    Gravée par George Kruell.

  • Wretch, I cried, thy God hath lent thee - by these angels he hath sent thee Respite - respite and nepenthe from thy memories of Lenore !

    Gravée par Victor Bernstrom.

  • On this home by horror haunted.

    Gravée par R. Staudenbaur.

  • Tell me trully, I implore -
    Is there -
    is there balm in Gilead ? - Tell me - tell me, I implore !

    Gravée par W. Zimmermann.

  • Tell this soul with sorrow laden if, within the distant Aidenn,
    It shall clasp a sainted maiden whom the angels name Lenore.

    Gravée par F.S. King.

  • Be that word our sign of parting, bird or fiend !
    I shrieked, upstarting.

    Gravée par W. Zimmermann.

  • Get thee back into the tempest and the Night's Plutonian shore !

    Gravée par Robert Hoskin.

  • And my Soul from out that shadow that lies floating on the floor
    Shall be lifted-nervermore !

    Gravée par R. G. Tietze.

  • The Secret of the Sphinx.

    Gravée par R. Staudenbaur.

La Vampire
[...] enfin, l’astre à la froide lumière parvint au zénith, alors il prolongea ses rayons jusque sur la terre qui renfermait le cercueil nouvellement déposé en ce lieu. Tout à coup la poussière est jetée çà et là, par un vent impétueux, qui tourbillonne avec fureur, et du creux du funèbre asile, sort lentement une figure voilée du linceul qui la recouvre ; elle prend son vol au travers les airs, et il est accordé à Raoul le pouvoir de la suivre. Elle traverse avec rapidité des espaces immenses, toujours accompagnée du militaire terrifié ; leur course touche à leur terme. Le cadavre ranimé, parvient jusqu’auprès d’une demeure placée dans la campagne. Raoul reconnaît le château de R***, et frémit de ce qui va se passer !! Son mystérieux compagnon, dont il ne peut voir la figure, dégage du suaire dont il est enveloppé une main entièrement décharnée, et heurte avec violence à la porte, qui est ouverte aussitôt ; en même temps il se retourne vers le militaire, et montre à son regard surpris la figure courroucée d’Alinska.

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Quelques peintures ou gravures sur le thème de La Jeune fille et la mort, et divers.

  • La Jeune fille et la mort.
    Marianne Stokes, vers 1908.

    (source Wikimedia Commons).

  • Der Tod und das Mädchen.
    Hans Baldung Grien, 1517.

    (source Wikimedia Commons).

  • Der Tod und das Mädchen.
    Hans Baldung Grien, 1518-20.

    (source Wikimedia Commons).

  • La jeune fille et la mort.
    Henry Lévy, 1900.

    (source Wikimedia Commons).

  • L'Ange de la mort ou La Jeune fille et la mort.
    Emile-Jean-Horace Vernet, 1851.

    (source Wikimedia Commons).

  • La Mort du fossoyeur.
    Carlos Schwabe, 1895-1900.

    (source Wikimedia Commons).

  • La Femme.
    Albert Besnard, 1900.

    (source collection privée).

  • Les Fantômes.
    Louis Boulanger, 1829.

    (source collection privée).

  • Die Erschaffung Evas.
    Johann Heinrich Füssli, 1793.

    (source Wikimedia Commons).

  • Belindas Traum.
    Johann Heinrich Füssli, 1780-90.

    (source Wikimedia Commons).

  • Lady Macbeth nimmt die Dolche entgegen.
    Johann Heinrich Füssli, 1812.

    (source Wikimedia Commons).

[...] un soir, après une journée tout entière passée dans les plus délicieux plaisirs, il se perça le bras avec un fer aigu, et du sang tiré de cette légère plaie, il écrivit une promesse de mariage qu’il confia à la loyauté de son amie. Entraînée par cette action, elle se hâta de l’imiter. Le double pacte, suivant l’antique usage de la contrée, fut déposé durant cinq nuits sous la pierre d’un sépulcre ; et dès lors, l’engagement dut être ratifié dans le ciel.
On ne doute point, dans la Hongrie, que, par une action semblable, deux amants ne soient liés irrévocablement l’un à l’autre : toute union qui ne serait pas contractée entre eux ne pourrait être heureuse. Enfin, la fille vierge, fiancée de cette façon, peut soulever la tombe qui la couvre après sa mort, pour tourmenter, en manière de Vampire, le perfide qui l’a abandonnée.

L’orage cependant augmentait de violence, les vents se combattaient avec force dans les vastes plaines de l’air ; ils semblaient dans leur furie ébranler les solides fondements du château ; et au fracas de la foudre, au sifflement aigu de l’ouragan, Raoul de temps à autre entendait se mêler comme des voix plaintives, il ouïssait des accents qui lui semblaient formés par une voix bien connue à son oreille.

Elle était belle, si on peut l’être lorsque des traits prennent en même temps plusieurs expressions différentes, et presque toutes pénibles à examiner. Sa bouche se contractait, pour ne pas offrir l’aspect du sourire sardonique qui y siégeait habituellement ; ses yeux, presque toujours glacés, brillaient d’une flamme extraordinaire, qui n’était point celle du plaisir et du contentement : mais rien ne voilait la richesse de ses formes, l’élégance de sa taille, la majesté de sa démarche. Alinska était faite pour inspirer de vifs désirs, surtout lorsque l’obscurité du lieu ne permettait que de voir imparfaitement sa mobile et sombre physionomie.

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Florian Balduc

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Billet Peste vampirique - Origines du mot, naissance du mythe
Billet Transylvanie légendaire - Le Pays par-delà la forêt
Billet Alinska. Première morte amoureuse

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La Vierge de Hongrie

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